leur santé est en péril !!!
Les coraux sont des organismes
particulièrement sensibles à leur environnement.
Avant de visualiser les dangers qui planent sur nos chers coraux,
voyons tout d'abord leurs exigences écologiques en relation
avec les facteurs
environnementaux.
Dans un second temps, visitez la liste noire des dangers actuels menaçant les coraux dans le monde.
1- La pression
anthropique
* Le piétinement
* Les activités
nautiques
* La collecte
du corail
* L'extraction
du calcaire
* La sédimentation
* La destruction
par la pêche
* Les rejets
agricoles et urbains
2- Les maladies
des coraux
3- La bioérosion
4- Les cyclones
5- Les
changements
climatiques
a- les facteurs
environnementaux : influence sur la survie des coraux
*
les
exigences écologiques des coraux
b- les
causes
*
les oscillations naturelles : le phénomène
ENSO
avec son fameux El
Niño
*
l'effet
de serre
b- les
conséquences
* le
réchauffement de l'atmosphère "Global
Warming"
* le
blanchissement
1- La pression anthropique : limpact de lhomme sur le récif
30 % des récifs coralliens ont atteint le point critique de non-retour, 30 % sont sérieusement menacés, et 40 % sont stables et sains, le plus souvent en relation avec la proximité des zones densément peuplées. Dans limmédiat, la menace principale sur les récifs vient des activités humaines locales ou régionales, bien plus que du réchauffement global qui ne les menacera éventuellement que dans un futur éloigné.
Evaluer lurgence des pb de conservation est compliqué par notre profonde ignorance des principes de base de fonctionnement des écosystèmes tropicaux complexes. Certains des cas les mieux étudiés daltération des communautés marines ne peuvent toujours pas être expliquées en termes de causes naturelles ou anthropogéniques : invasions dAcanthaster, mortalités de masse dinvertébrés.
Les principales menaces dorigine anthropique viennent dactivités terrestres sans rapport direct avec lutilisation du récif lui-même : utilisation des sols (agriculture, travaux publics, ), urbanisation, industrie, etc. Les remèdes aux dégradations des écosystèmes récifaux ne sont en général pas à appliquer sur place.
Les impacts les plus importants à l'échelle mondiale sont la sédimentation et la pollution organique. Les autres sources sont la pollution pétrolière et chimique, les activités extractives (pêche, matériaux), la pollution thermique, la pollution radioactive, mais leur impact est souvent plus local ou régional.
Les impacts de différente nature agissent souvent ensemble
(exemple : les effluents urbains sont à la fois source de
sédimentation, d'eutrophisation, de pollution
chimique,
), leurs effets sont donc difficiles à
séparer. De plus il peut y avoir action synergique entre les
actions anthropiques, et ils peuvent amplifier les impacts de stress
naturels.
Les récifs étant sur les côtes, un impact considérable provient du simple piétinement par les usagers. Qu'ils soient locaux ou étrangers, touristes et pêcheurs cassent énormément de corail. Munis de solides chaussures bien semélées, on aperçoit souvent (beaucoup trop je trouve) les pêcheurs naviguant dans les récifs, n'hésitant pas à traverser un massif corallien au lieu de le contourner. J'ai même vu à La Réunion (cf photo ci-dessous) des pêcheurs de murènes montant sur les patates vivantes de coraux afin de ne pas se faire voir par la proie recherchée.
(photo des pêcheurs sur la patate de Porites)
Le plus flagrant est lors des grandes marées basses, lorsque de grandes surface de récifs émergent. Un grand nombre de pêcheurs et de personnes partent en balade (toujours munis de grosses chaussures) sur les coraux afin de récolter moultes coquillages, coraux, poissons et zourites (nom local à La Réunion du poulpe).
(photo des pêcheurs en marée
basse)
a- Les palmes des nageurs et plongeurs
Nombreux sont les amoureux de la nature qui partent découvrir chaque jour le merveilleux monde aquatique (à l'aide leurs palmes, masque, tuba, ou bien en plongée). En général pour la protection du milieu, il est absolument effarent devoir que nombreuses d'entre elles mutilent gravement cet espace, souvent d'ailleurs par mégarde. Une fois avoir vu l'organisme qui les intéressait, ils donnent de grands coup de palmes afin de rejoindre une autre destination, sans prendre garde à ce qu'il y a au niveau des palmes...et lorsqu'ils s'en aperçoivent, il est souvent trop tard !!! Pensez que les organismes que vous venez de détruire ont généralement des croissance très lente. Il peut même y avoir sans que vous le sachiez des espèces rares.
PS : Une petit bonne nouvelle : grâce à la
capacité physiologique des coraux, tout fragment de corail ne
tombant pas dans le sable et arrivant à reposer sur une
structure dure arrive à survivre. Après une phase de
fixation au substrat par cimentation au niveau du contact, ce dernier
va recommencer à grandir normalement. On se sert notamment de
cette formidable capacité pour bouturer du corail, un peu
comme on peut le faire pour nos plantes. Je l'utilise par exemple
personnellement dans ma thèse (lien vers
l'explication de mes travaux de recherche) afin
d'étudier le métabolisme corallien, sa croissance et la
vitesse de dégradation de coraux morts.
Alors, s'il vous plaît, FAITES ATTENTION A VOS PALMES !!!! La nature ne vous a rien fait, alors protégez-la !!!
(photos du poster et de Mika sur les coraux
de feu)
b- La voile, le canoë et tout autre petit engin motorisé
La pratique de la voile (ou bien celle du jetski) est courante sur les récifs coralliens. Mais voilà, les dérives des planches à voile ou de tout autre dériveur détruisent les coraux comme de véritables rasoirs. Dans cette rubrique, on peut associer aussi les surfeurs qui parfois y laissent des plumes, avec de véritables lacérations par le corail (qui auront souvent du mal à se cicatriser, les tissus coralliens étant urticants).
(photo des planches à voile à PlanchAlizé)
Ensuite, ce sont les pagaies des canoës qui ravagent les coraux, surtout les massifs de coraux branchus, très fragiles par leur structure. Oui, bien sûr qu'il est moins dangereux et plus facile de pousser le canoë échoué (par mégarde quelques fois ...) à l'aide des pagaies en s'appuyant sur les coraux, plutôt que de risquer de se blesser les pieds nus sur les coraux urticants . Alors, éviter de chercher à vous échouer sur les coraux. Tout le monde sera content.
(photo du canoë de Mika à
PlanchAlizé et des Acropora vus du canoë)
c- Les ancres
Lorsque l'on navigue, qu'il est agréable de poser l'ancre à proximité de la côte afin de piquer une tête, ou bien pour y passer la nuit. Mais un problème important en milieu tropical est que les côtes sont souvent bordées de récifs coralliens. Les coraux se cassent déjà avec un coup de palmes, alors imaginez ce qu'il se passe lorsqu'une ancre est jetée de quelques mètres à quelques dizaines de mètres de haut et qu'elle attérit sur une belle colonie de corail tabulaire. C'est une véritable explosion du massif, le fragmentant en de multiples morceaux qui vont certainement mourir au contact du sable par frottement et enfouissement.
(photos du poster et de l'ancre à St Gilles)
Afin de préserver ces zones de mouillage, quelques îles mettent en place des corps morts bétonnés (à La Réunion, et en Nouvelle Calédonie par exemple). Les bateaux n'ont ainsi plus qu'à s'amarrer aux bouées en surface, sans aucun risque de lacher l'ancre sur les coraux. Mais un autre problème survient : l'éducation des plaisanciers. En effet, même si quelques fois les mesures sont prises, encore nombreux sont ceux qui persévèrent dans l'utilisation des ancres.
Arrêter de détruire les fonds !!! Alors,
pitié, utilisez les bouées pour mouiller votre
embarcation. Ces outils, proposés gratuitement, sont là
pour protéger le milieu. S'il vous plaît, aidez-nous
à sauvegarder ce qu'il y a encore de vivant.
Le corail est souvent collecté pour de nombreuses choses, qu'il soit vivant ou mort.
Tout d'abord, nombreux coraux sont prélevés pour l'aquariophilie (vivant et mort également).
D'autres sont récoltés en général vivants pour les collections publiques ou privées. Après les avoir tués puis nettoyés de leurs tissus, ils seront exposés dans les vitrines ....à la poussière... pour le plus grand plaisir des yeux. Mais n'est-il pas plus beau de les voir vivants dans l'eau ?
Récemment, je viens d'apprendre l'utilisation ancestrale de corail dans la confection de petits présentoirs pour la toilette des femmes. Ceci ce passe aux Comores, à Mayotte notamment. Après avoir débité en cubes un gros corail massif de l'espèce des Porites sp., ceux-ci sont façonnés en petites tablettes d'une vingtaine de centimètre de côté.
(photos de Thomassin)
Dans certaines îles coralliennes, le sable et le corail sont extraits du lagon ou du platier récifal pour les besoins de la construction. Ils sont ensuite utilisés comme matériaux de construction : taillé en cube, les coraux serviront comme moëllons, ou bien réduits en farine pour la fabrication de chaux (Maurice par exemple), ou encore sous forme de soupe de corail pour construire des routes (photo des tas de soupe de corail à Bali).
Ces travaux détruisent une partie du récif et
mettent en suspension des particules qui se déposent sur les
coraux et les asphyxient. Les effets sont analogues à ceux de
la sédimentation d'origine terrestre.
C'est la première cause de dégradation des
récifs à l'échelle mondiale.Son origine : la
dégradation du couvert végétal (agriculture,
forêt), exploitation minière, travaux publics
(immobilier, routes),
Ses effets : diminution de la
lumière reçue par les coraux, enfouissement sous une
couche de sédiments (asphyxie, coût métabolique
d'évacuation des particules), abrasion des tissus par le
frottement. Lorsque des précautions sont prises, elles ne sont
pas suffisantes pour des pluies cycloniques, et des quantités
énormes de sédiments peuvent alors être
transportées sur le récif.
On observe un impact local (mais important en Asie) des techniques de pêche destructive (filets, explosifs, poisons), mais généralement exploitation très intensive des ressources halieutiques, avec déséquilibre des peuplements et effets indirects potentiels sur le récif lui-même, notamment par le rôle des herbivores (contrôle de la compétition coraux-algues). Mais les mécanismes apparaissent souvent très complexes et encore très mal connus.
( + photo des pêcheurs montant sur les
Porites pour pêcher la murène + photo d'un corail
tabulaire retourné par les pêcheurs pour cherche le
zourite...)
Les rejets agricoles et urbains
* La pollution organique :
Les coraux sont adaptés à des eaux oligotrophes,
l'apport de sels minéraux (par les rejets des eaux
usées, le lessivage des engrais...) agit sur le
métabolisme des zooxanthelles, le développement de
phytoplancton qui diminue l'éclairement et favorise les
filtreurs benthiques, et surtout la compétition des coraux
avec les macroalgues, plus efficaces pour extraire les nutriments.
Cette pollution organique entraîne l'eutrophisation des eaux
récifales.
* La pollution pétrolière :
En général, elle est assez localisée. Les effets
de pollutions chroniques apparaissent plus graves que des
marées noires accidentelles. Les produits traitants
(dispersants et détergents) sont plus toxiques que les
hydrocarbures eux-mêmes. Peu d'études sur les autres
polluants chimiques (pesticides, métaux lourds, etc.) sont
encore effectuées.

Je ne parlerai ici que des conséquences des cyclones sur les coraux. Pour plus d'infos sur la formation d'un cyclone, cliques sur l'étoile.

a- La phase pendant le cyclone : un impact physique incontestable
Lorsqu'un cyclone prend de plein fouet une île corallienne, tout l'environnement souffre. Le vent violent provoque d'énormes vagues qui viennent se briser sur les côtes, et donc sur les récifs qui les bordent. Ces murs d'eau induisent également de grands courants à l'intérieur des récifs. Par leur puissance, ils brisent littéralement de grandes quantités de coraux, pouvant parfois aller jusqu'à la destruction à 100 % du récif (comme par exemple le récif de Saint Leu à La Réunion lors du cyclone Firinga en 1989). Les plus gros morceaux viennent percuter les plus petits.....
Les fragments sont ensuite projetés au sol (du sable en général) puis roulés ou ensablés. Autant vous dire que peu d'entre eux ne résistent à un tel traitement (le fractionnement, l'abrasion intense et l'enfouissement). C'est parfois la mort instantannée qui les guette.
Mettre les photos de Mika des vagues avant
et pendant des cyclones (avec les références Date Lieu
et nom du cyclone à La Réunion)
b- La phase d'après cyclone : le calme après la tempète, mais un vrai désastre pour les coraux !!!
La 2e période paraît de loin la plus dangereuse pour les coraux.
En effet, le passage d'un cyclone est toujours suivi d'une
période d'environ 2 semaines où se succèdent
très gros encombrement nuageux, fortes précipitations
et énorme lessivage des sols.
* La baisse de la lumière environnante
Par la grande présence de gros nuages sombres (tous pas
beaux quoi !), la luminosité est affectée par cette
épaisse couverture nuageuse. Cette baisse d'irradiance est
alors répercutée sur la croissance des coraux,
entraînant une chute de la photosynthèse des
zooxanthelles.
* Les précipitations
Abondantes et prolongées sur le continent, elles transforment les ravines et ruisseaux en véritables fleuves impétueux qui déversent alors leurs eaux directement sur les côtes (lieu préférentiel du développement récifal).
mettre photos des 2 ravines la canalisée et la ravine du Chaudron en expliquant qu'elles deviennent pleines en saison des pluies
Les pluies continentales additionnées à celles
tombant sur la mer, les coraux (organismes marins avant tout) se
retrouvent alors dans des eaux de plus en plus douces, la baisse de
salinité entraînant un changement des différences
de pression osmotique au niveaux des membranes. Cette baisse brutale
et prolongée peut parfois aboutir à des perturbations
physiologiques graves, pouvant aller jusqu'à la mort des
coraux (ou bien des autres organismes marins tous aussi
sensibles).
Encore plus vicieux, l'eau douce possède un indice de
réfraction plus faible que l'eau de mer. Plus clairement,
l'eau douce (moins dense que l'eau de mer) va difficilement se
mélanger à l'eau de mer sous-jacente (un peu comme du
vinaigre et de l'huile), formant ainsi que couche d'eau plus trouble
en surface. Cette turbidité (due à la différence
des propriétés optiques des 2 eaux) va
considérablement freiner la pénétration de la
lumière jusqu'au coraux et autres algues. Tout comme des
plantes, les coraux ont besoin de lumière pour vivre (par la
présence de ces microalgues symbiotiques qui leur permettent
de réaliser la photosynthèse). Par cette baisse parfois
d'apport d'énergie solaire, il va y avoir une baisse brutale
de la croissance.
* les apports sédimentaires
Par la violence des précipitations et par la forte pente du relief de ces îles tropicales (d'origine volcanique), le ruissellement engendre un véritable lessivage des terres, entraînant de grandes quantités de particules sédimentaires de différentes natures : terre, graviers, particules végétales (allant des feuilles et brindilles jusqu'à des arbres entier parfois). Ce lessivage concerne aussi toutes les substances que l'on peut retrouver dans une communauté, telles que les engrais, les insecticides sur les feuilles, tous les produits du bitume, les gommes provenant des roues de voitures, les huiles, les métaux lourds et autres résidus de la combustion des carburants, la rouille des objets métalliques ... enfin, la liste est longue.
Bref, tout cela arrive en mer sur la ceinture littorale, au niveau des récifs. Ces eaux boueuses chargées en sédiments vont induire plusieurs impacts :
* Par la présence de ces particules, cette eau va agir comme un véritable abrasif sur les téguments mous des organismes, les rendant plus vulnérables à la pénétration d'éléments infectieux.* Ensuite, la charge sédimentaire va obstruer tous les pores des organismes (par simple sédimentation), les empêchant de se nourrir.
* Enfin, ces eaux sombres (de couleur généralement brun-marron) sont très opaques et ne laissent presque plus passer la lumière. Tout comme le problème de turbidité due à l'arrivée d'eaux douces en milieu marin, cette baisse parfois importante de la transparence des eaux aboutit à une chute brutale de la croissance.
Si la mort du corail survient, un processus naturel de destruction se déclenche. Tout d'abord, des algues vont pousser sur le squelette mort. Ensuite, ce sont les organismes brouteurs (poissons perroquets et oursins essentiellement) qui vont venir se nourrir de ces algues épiphytiques, déchiquettant peu à peu le squelette corallien. C'est ce que l'on appelle la bioérosion.

Conclusion
Par leurs effets additionnés, tous ces facteurs contribuent de jours en jours à la dégradation des récifs à l'échelle mondiale.
Les temps de récupération se comptent en
années ou en décennies. Mais l'idée que les
milieux coralliens sont des systèmes stables est peu à
peu abandonnée. La compréhension de la dynamique des
écosystèmes perturbés est très peu
avancée : on ne sait pas encore bien quel rôle y jouent
les perturbations (humaines ou naturelles), ni quelle place ont
respectivement les deux catégories.