III) La pêche du Requin à La Réunion

 

1) La pêche au gros à La Réunion

Article du mardi 24 Août 1999

La Réunion ne compte qu'un nombre limité de bateaux autorisés à pêcher au gros. Reste que l'île est considérée comme l'un des vingt meilleurs sites mondiaux. On y attrape des marlins bleus ou noirs, des espadons voiliers, des thons jaunes ou des thons bananes, des baracudas, des bonites, des dorades coryphènes et des requins. Mis à part le squale, toutes les autres espèces de poissons se pêchent à la traîne, soit avec des leurres, soit avec de petites bonites vivantes. Bien évidemment, les prises, qui restent la propriété du bateau ("cela représente à peu près la moitié de notre chiffre d'affaires", note Yann), dépendent des saisons. L'hiver austral est notamment bien moins propice à cette pratique. "Mais c'est à cette saison qu'on prend les plus beaux marlins", tempère tout de même Yann. Il n'en demeure pas moins qu'il est préférable d'attendre que les eaux se réchauffent un peu, si on veut mettre le maximum de chances de son côté. Il faudra alors compter 600 francs par personne pour une demi-journée (à moins de réserver la bateau, ce qui revient à

2700 francs, soit 450 francs par personne), avec un départ à 7 heures et un retour vers les 13 heures. Une bonne journée en perspective pour laquelle il est conseillé de réserver à l'avance et d'emporter de quoi se protéger du soleil (crème solaire et lunettes de soleil). Quant au mal de mer, il existe des médicaments pour cela. "Pour ma part, j'évite de leur en parler. Environ 20% de mes clients sont effectivement malades en mer. J'essaye de les occuper à bord pour qu'ils n'aient pas le temps d'y penser", explique le patron de l'Alopia. A chacun sa méthode.

 

A Saint-Gilles
* Alopia :02-62-68-44-06 ou 02-62-24-13-52
* Alpha : 02-62-86-18-45 ou 02-62-66-54-17
* Octopus : 02-62-86-42-80
* Reunion Fishing Club qui possède deux bateau, Abaco et Abalon : 02-62-24-36-10
* Blue Marlin : 02-62-22-54-47
* Maeava : 02-62-85-23-46.

Au Port
* Joly Jumper : 02-62-24-48-94
* Venise : 02-62-43-98-35.

A Saint Pierre
* Rapetou : 02-62-27-88-49 ou 02-62-86-47-64.

  

 2) Pêche au gros : quant l'homme terrasse le tigre...

Aticle du Lundi 10/04/2000

Hier au large de la plage de Boucan-Canot où les baigneurs ne se doutaient de rien, deux pêcheurs ont lutté deux heures durant pour venir à bout de deux requins. Le plus gros - probablement un monstre - n'aura jamais montré le bout de son nez et fini par se décrocher de l'hameçon, au terme d'une puissante accélération. Le plus petit - près de 200 kg tout de même - a pu être gaffé puis ramené au port. Une prise qui permet à Bémara de monter sur le podium du concours 99/2000 organisé par le Big Game Fishing Réunion dont la dernière manche se disputait hier. Kaoli, un peu moins en vue aujourd'hui, conserve néanmoins sa première place et remporte le concours.

 

 

3) La pêche du bord : plus efficace mais sûrement moins palpitant

Pêcher le requin se pratique également à partir du rivage. Une technique qui ne laisse que peu de chances aux requins qui s'y laissent prendre.

"Pêcher le requin du bord avec des cadavres d'animaux est bien plus efficace", reconnaît Rodolphe. Et ce n'est pas les pêcheurs du Sud qui diront le contraire. C'est notamment du côté de Saint-Joseph et de Saint-Philippe que cette pratique a cours. La technique est on ne peut plus simple. Il suffit en effet de lancer à la tombée de la nuit, un moment où les squales se rapprochent du rivage, une corde de 200 mètres minimum amarrée à des fûts. Un dispositif auquel est accroché un filin.

L'installation se termine par un fil d'acier et deux solides hameçons. Quant à l'appât, il s'agit le plus souvent de cadavres d'animaux, notamment des chiens ramassés sur la chaussée (il y en a hélas beaucoup qui traînent sur nos routes !). Le tout dérivera toute la nuit au gré des courants et des reflux.

Si un squale mord au piège, il aura tendance à plonger pour s'échapper. Mais les bidons l'en empêcheront. Un petit jeu qui va très vite l'épuiser. C'est donc une bête quasiment à bout de forces que les pêcheurs remontent le matin. En outre, les chances de succès restent bien supérieures à celles de la pêche au gros. Trois fois sur cinq, les pêcheurs arrivent à remonter un requin. En plus, il s'agit souvent de belles prises. Il est vrai que les squales affectionnent les eaux du Sud Sauvage. Par contre, pas question de pratiquer une telle pêche en cette saison, où les côtes sont balayées par la houle. De toute manière, cette technique de pêche, aussi efficace soit-elle, n'a rien de bien palpitant !

 

4) La pêche à la viande faisandée

Article du Jeudi 03 Juin 1999

La pêche au requin depuis la côte, celle qui permet d'attraper les plus grosses pièces, se fait avec de la viande faisandée.

Du côté de Saint Philippe, on pêche en lançant, le soir venu, une corde de 200 mètres, amarrée à des bidons-flotteurs de 140 litres qui dérivent vers le large avec les courants et le reflux, desquels pend un filin de six mètres avec un bas-de-ligne en acier de quatre mètres. On laisse ainsi la ligne durant toute la nuit. Lorsque le requin mord, les bidons ferrent le squale car, à un mètre sous l'eau, ils représentent quelque 250 kilos de pression. Et plus l'animal va se débattre, plus il va s'asphyxier. C'est donc une bête quasiment à bout de force qui est hâlée le matin vers les 6 heures, sur le rivage, "une bête qui fait pitié car elle sait qu'elle va mourir", précise Roland Fontaine. Trois fois sur cinq, il y a un requin, mais la saison se termine fin avril.

Du côté de Saint Joseph, on pêche à la tombée du jour, depuis les hauteurs de la côte, entre quatre et cinq mètres au-dessus du niveau de la mer. On observe si on voit des requins - il n'est pas rare de voir une dizaine de bouledogues tourner dans le secteur, précise Bernard Vienne. On appâte avec de la viande de porc pourrie et on jette la ligne qui peut être entraînée sur quelques dizaines de mètres. Généralement le requin est pris dans moins d'un mètre d'eau. Le bas de ligne en acier est du 0,4. Le plus dur, c'est de ramener le requin sur le rivage. Il faut s'y mettre à plusieurs pour tirer la corde et ne pas crocher dans un rocher, ce qui ferait casser la ligne. Ca peut prendre entre une et deux heures.

  

5) Un pêcheur de Saint Paul placé en garde à vue pour cruauté envers un animal

Article de Jacky Ferrere du Samedi 20 Novembre 1999

IL AVAIT PREPARE "SON CHIOT" POUR LA PECHE AUX REQUINS

Grâce au voisinage, un chiot de 3 mois environ a échappé à une mort atroce hier. Son propriétaire, un pêcheur saint-paulois, l'avait "préparé" pour la pêche aux requins. L'animal était fixé à une planche à l'aide d'hameçons plantés dans ses pattes et sa mufle. L'auteur de cet atrocité est en garde à vue depuis hier.

C'est monstrueux ce qu'il a fait là. Il n'est pas possible d'agir de la sorte. Cela dépasse le genre humain". Denise Sula, la présidente de la SPA (Société Protectrice des Animaux) ne trouve pas de mots assez durs pour condamner le geste de ce pêcheur saint-paulois installé juste derrière les murs de la caserne de gendarmerie du camp de l'Etang. Elle espère cependant que son acte de cruauté ne restera pas "impuni", et souhaite donc une condamnation exemplaire. "Souvent on nous a signalé ce genre d'atrocité. La pêche aux requins avec des chiens vivants n'est pas une fabulation de certaines personnes. Mais jamais jusqu'à maintenant nous n'avions pu prendre quelqu'un en flagrant délit", indique-t-elle. Et sans l'intervention du voisinage hier (des gendarmes envoyés en renfort dans l'île), cette horrible pratique serait encore passée inaperçue.

 

DEUX ANS DE PRISON ET 200 000 F D'AMENDE

Alertés aux environs de 00h dans la nuit de jeudi à vendredi par les "pleurs" du chiot - un royal bourbon âgé de trois mois environ - très tôt hier matin les voisins du "tortionnaire" avisent la SPA. Sur place, la présidente de l'association découvre un spectacle "horrifiant". L'animal est retenu prisonnier d'une planche à l'aide de fils de pêche. En s'approchant un peu plus, elle s'aperçoit qu'il a dans une patte avant un hameçon long d'une dizaine de centimètres. Une des deux pattes arrière a subi le même traitement. Pour maintenir le chien sur le morceau de bois, son propriétaire lui a tout simplement fiché un autre hameçon dans la narine... Pour les connaisseurs, pas de doute possible, le chiot était "préparé" pour servir d'appât vivant à une pêche aux requins. Et au vu du matériel de pêche entreprosé dans la case de l'auteur de cette atrocité, la technique utilisée, il n'était visiblement pas à son coup d'essai. Selon certains témoignages, souvent des chiens ont disparu dans ce petit quartier de l'Etang Saint Paul. Y a-t-il un lien avec ce genre de pratique ?

Pour visualiser les 2 photos disponibles, cliquez sur "Photo du Chiot" ou "Photo des Hameçons".

Toujours est-il qu'absent au moment de la venue des gendarmes de la brigade de Saint Paul, le propriétaire du royal bourbon s'est de lui même présenté à la gendarmerie qu'hier en fin d'après midi. Placé en garde à vue sur ordre du parquet, il était entendu sur son comportement. La SPA a d'ores et déjà décidé de porter l'affaire devant les tribunaux. Dès hier, elle a déposé plainte pour acte de cruauté envers un animal. L'auteur, s'il est reconnu coupable risque jusqu'à deux années d'emprisonnement et 200 000 F d'amende, selon Denise Sula.

Quant au petit chien, endormi pour être libéré de ses objets de torture, il a été conduit chez un vétérinaire de la place. Dans l'après-midi, ayant retrouvé ses esprits, il a été récupéré par la fourrière de la CCCO où il séjournera durant huit jours. Normalement, passé ce délai les animaux sont euthanasiés s'ils ne font pas l'objet de réclamation. Le Royal bourbon devrait échapper à ce triste sort, la SPA s'étant engagée à l'adopter le temps de lui trouver un maître qui cette fois-ci lui réservera de meilleurs traitements. Ce qui est à espérer du moins.

 

 

6) Un pêcheur de Saint Paul placé en garde à vue pour cruauté envers un animal : suite de l'Histoire du 20/11/99

Article de Nathalie Le Bouder du Dimanche 21 Novembre 1999.

LE CHIEN DEVAIT SERVIR D'APPAT AUX REQUINS.

LE PECHEUR REMIS EN LIBERTE

Dans notre édition d'hier, nous vous relations l'histoire de ce pauvre chiot découvert attaché à une planche, des hameçons fichés dans le corps. De toute évidence, la pauvre bête devait servir d'appât aux requins. Placé en garde à vue, le pêcheur chez qui le chiot a été retrouvé devait être poursuivi pour cruauté envers un animal. Mais faute de preuves suffisantes, il ne fera l'objet d'aucune poursuite.

Cela fait des années que certains bruits persistent. Des années qu'il se murmure que des animaux vivants seraient utilisés comme appâts. Certains pêcheurs ne reculant devant aucune atrocité harponneraient des chiens pour les livrer en pâture aux requins. Ils les accrocheraient à une planche à l'aide d'hameçons, les saigneraient avant de les lancer à la mer. Ces pauvres bêtes flottantes, sanguinolentes et gigotantes seraient, semble-t-il, un appât de choix pour les pêcheurs au gros. Jusqu'à présent, l'on pouvait avoir des doutes, l'on pouvait mettre ces actes de barbarie sur le compte du la-dit la-fé local. Mais depuis hier, il n'est plus possible de douter.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des habitants d'un quartier portois sont alertés par les hurlements incessants d'un chien. Certains d'entre eux ne peuvent pas fermer l'oeil tellement les cris de l'animal témoignent de la panique, et surtout de la souffrance qu'il endure.

Très tôt le lendemain, un groupe de voisins décide d'aller voir l'animal de plus près. Ce qu'ils découvrent dans une cour dépasse l'entendement. Un chiot de trois mois environ est maintenu sur une planche de bois à l'aide de fils de pêche. Des hameçons lui meurtrissent la chair au niveau de deux pattes et de la truffe.

Alertée, la présidente de la SPA, Denise Sula, se rend rapidement sur les lieux. Selon elle, il ne fait pas de doute que l'animal avait été "préparé" pour la pêche au gros. De fait, le propriétaire des lieux n'est autre qu'un pêcheur.

Le chiot est aussitôt libéré puis soigné sous anesthésie générale dans le cabinet d'un vétérinaire de la place. A son réveil, il est transporté sain et sauf à la fourrière de Saint-Paul. Quant au pêcheur, il se rend en fin de journée à la gendarmerie de Saint-Paul. Placé en garde à vue, il devait être présenté au parquet hier. Mais, contre toute attente, le substitut décidait de ne pas ouvrir d'information. C'est donc libre et dépourvu de toute convocation que l'individu est ressorti de la gendarmerie hier vers midi. D'après les gendarmes, le pêcheur nie avoir commis des sévices sur la pauvre bête. De plus, il a assuré ne pas pratiquer de pêche au gros. Un fait confirmé par le matériel entreposé chez lui. Enfin, il s'étonne de la présence de ce chien dans sa cour. Une "vérité" surprenante quand on sait que le chien a hurlé toute la nuit. Quoi qu'il en soit, c'est par manque de preuves que le pêcheur a été relâché.

"Que leur faut-il comme preuves ?", lance Denise Sula de la SPA. Cette dernière, bien qu'horrifiée par la scène qui lui a été donnée de voir, se réjouissait d'avoir enfin pris l'un de ces bourreaux "en flagrant délit". Elle avait aussitôt porté plainte pour acte de cruauté envers un animal, espérant voir le tortionnaire écopé de la peine maximale. Une peine qui se devait d'être dissuasive.

Quelle n'a donc pas été sa surprise quand elle a appris que l'affaire en était restée là ! Cela dit, si le pêcheur a été remis en liberté, les gendarmes continuent de mener une enquête. Il se pourrait que la personne mise en cause ait voulu protéger un comparse. Un pêcheur qui, comme bon nombre de ses collègues, privilégie les appâts vivants, et de préférence les chiots sans défense.

 

LA PETITE CHIENNE SERA ADOPTEE

Touchés par l'histoire de ce chiot torturé, de nombreux Réunionnais n'ont écouté que leur coeur. Hier, la SPA a reçu près d'une cinquantaine d'appels. Certains voulaient se renseigner sur l'état de santé de l'animal, d'autres souhaitaient l'adopter. Les demandes d'adoption ont fusé de tous côtés. A tel point qu'aujourd'hui, la SPA n'a que l'embarras du choix. Un Marseillais qui a entendu parler de cette histoire via RFO Sat a même proposé de s'occuper de la pauvre bête. Il semble que les jours de la petite chienne ne soient pas en danger. Elle se trouve actuellement entre de bonnes mains à la fourrière de Saint Paul.

 

7) Un pêcheur de Saint Paul placé en garde à vue pour cruauté envers un animal : fin de l'Histoire du 20/11/99

Article de C.R. et de B.L. du Vendredi 24 Mars 2000.

TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE SAINT-DENIS : TROIS MOIS AVEC SURSIS ET 3 000 FRANCS D'AMENDE POUR AVOIR TORTURÉ UN CHIOT

COUPABLE MAIS PAS TROP

 Le prévenu ne se souvient plus de rien. Il avait trop bu et il avait fumé du zamal. Ce n'est pas lui. Mais comment expliquer que ce sont ses hameçons qui ont été plantés dans les pattes et la narine d'un chiot ? Comment est-ce possible que ce pitoyable scénario se soit déroulé chez lui à son insu ? Si Jimmy Acate, le jeune pêcheur saint-paulois a perdu partiellement la mémoire, sa victime en revanche gardera sans doute des traces indélébiles de cette fameuse nuit-là.

Le chien est le meilleur ami de l'homme, dit-on. Malheureusement ce proverbe est souvent loin d'être admis par tous. A La Réunion par exemple, les quatre-voies sont devenues de vrais cimetières pour ces animaux de compagnie, si mignons quand ils sont encore bébés mais si gênants quand ils deviennent adultes. Selon les chifrres officiels, il y aurait quelque 350 000 chiens errants dans notre île dont l'image paradisiaque a été ternie en novembre dernier par le calvaire d'un chiot victime de cruauté. Hier, l'auteur présumé de ces sévices comparaissait à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis. Le 20 novembre 1999, Jimmy Acate, un pêcheur saint-paulois, se retrouve sous les feux de l'actualité après avoir été placé en garde à vue. Alertés par des voisins, les gendarmes et la présidente de la SPA découvrent à son domicile un chien de trois mois prisonnier d'une planche à laquelle il est attaché par des fils de pêche. Détails plus sordides : pour l'immobiliser deux hameçons ont été plantés dans ses pattes tandis qu'un troisième crochet fixé dans sa narine complète ce sinistre spectacle. Immédiatement, la SPA décide de porter cette affaire devant les tribunaux. Pour la société protectrice des animaux, cette préparation archaïque et barbare serait en réalité une pratique répandue dans la pêche aux requins. Mais jusqu'à cet épisode, personne n'avait été pris en flagrant délit.

 

"J'AI DORMI COMME UN MORT"

Cette précipitation à vouloir faire de Jimmy Acate un exemple a été l'un des arguments principaux de Me Raymond Cazal, avocat de la défense. Le jeune homme de 29 ans a avoué ne plus se souvenir de cette fameuse nuit où les habitants de son quartier ont été dérangés à partir de minuit par les hurlements de ce chiot. Il s'était rendu à une fête au Case et en était revenu complètement ivre et zamalé. Il n'a rien vu, rien entendu. "J'ai dormi comme un mort", répète-t-il à la barre. Le lendemain, c'est avec surprise qu'il apprend que les gendarmes le recherchent. Il se rend alors rapidement à la brigade : Jimmy Acate estime être une victime. Quelqu'un lui voudrait du mal et aurait organisé ce scénario. Il ne se reconnaît pas dans ces actes de tortures. La pêche en eau douce est effectivement sa passion mais il n'arrive pas à expliquer comment cet animal a été attaché dans sa cour avec ses hameçons. Les débats n'ont d'ailleurs pas permis d'éclaircir ce point du dossier. De plus, Jimmy Acate a été poursuivi à partir du procès-verbal des gendarmes. Aucune instruction n'a été diligentée. Ce qui a évidemment joué en la faveur du prévenu. Alors que s'est-il passé ? Ce chien n'est ni un adepte du piercing ni un suicidaire, a ironisé le juge Boucharé. Pour la partie civile représentée par Me Florence Piec, la culpabilité du prévenu ne fait aucun doute. Elle a rappelé l'émotion suscitée par cette affaire. Des réactions d'indignation sont même venues de métropole. D'ailleurs ce chiot a été adopté par une famille de là-bas. "Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre", s'est-elle exclamée. "Les souffrances de ce chien n'étaient pas finies puisqu'il devait être ensuite saigné pour remplir pleinement son rôle d'appât." Ce chiot pris au piège ne faisait qu'augmenter ses souffrances à chacun de ses mouvements. De plus ce n'est pas un hasard, selon elle, si ces hameçons ont été plantés dans les coussinets et la truffe de l'animal, c'est-à-dire dans les endroits les plus sensibles. Toute une nuit à hurler à la mort. Pas besoin d'un long discours pour imaginer ce pitoyable spectacle.

 

LA FAUTE À L'ALCOOL ET AU ZAMAL

Quelle belle image pour La Réunion ! Un pays de sauvages Me Piec a demandé au tribunal d'interdire la détention d'un chien par Jimmy Acate et 10 000 francs de dommages et intérêts pour les deux organismes qu'elle représente.

Un peu moins de passion et un examen plus objectif de cette affaire, voilà le souhait exprimé par le substitut Alain Saffar au début de ses réquisitions. Quelques minutes plus tôt, la mère du prévenu sans doute agacée par les propos de l'avocate de la partie civile s'est d'ailleurs levée pour exprimer son mécontentement.

Pour Alain Saffar, la façon dont un homme traite les animaux démontre en quelque sorte son niveau de civilisation. L'auteur de tels actes de cruauté sur ce chiot est à son avis une personne qui possède en elle une violence qui pourrait l'amener à commettre le pire.

Il s'est ensuite employé à contester les explications données par Jimmy Acate. Oui, il n'est pas tout à fait innocent comme il veut bien le faire croire. Le prévenu est peu convaincant. Lui-même a affirmé aux enquêteurs que la palangre où le chien était attaché n'avait pas été utilisée récemment. Donc l'animal n'aurait pas pu être attiré par l'odeur du poisson et s'être laissé pièger dans les filets en se mêlant dans les hameçons. D'ailleurs les photos sont parlantes, ce n'est pas accidentel. Pourquoi le chien de garde n'a-t-il pas aboyé ? Bizarre Enfin, l'acte de malveillance ne tient pas la route : qui aurait pu à une heure pareille en toute discrétion organiser cette mise en scène ? Finalement le substitut Saffar a fini par donner sa version des faits, plus probables selon lui. "A mon sens, c'est sous l'effet de substances zamalées et alcoolisées qu'il a dû agir aussi stupidement." Il a demandé une sanction de deux mois avec sursis et 2 000 francs d'amende.

 

PLUSIEURS ZONES D'OMBRE

Défendre Jimmy Acate, après toute l'émotion et la pression médiatique, constantes dans cette affaire, ne s'annonçait pas facile. Me Raymond Cazal l'a d'ailleurs lui-même reconnu en début de son intervention avant de présenter toute une série de lacunes qui affaiblissent les accusations. Maltraiter les chiens n'est pas le propre des Réunionnais. En métropole aussi les associations de défense des animaux ont du pain sur la planche. Si Me Piec a cité le nom de Brigitte Bardot, cela n'a semble-t-il pas eu l'air d'impressionner l'avocat dionysien. "Je n'aurais pas accepté de recevoir des leçons de sa part". Il est certes indéniable que les faits sont établis. Cependant rien dans le procès-verbal n'indique clairement que son client soit effectivement l'auteur présumé. Ce procès est basé sur un procès-verbal et non pas sur une instruction. "Le chien a été retrouvé sur la propriété d'Acate Cela prouve-t-il qu'il est coupable ? De plus, la pêche aux requins se déroule en général au large et non pas près des côtes. Or, il n'a pas de bateau". Les rumeurs qui ont circulé sur Jimmy Acate, les démentis apportés, les affabulations attestent qu'il y a bien eu complot. "Aujourd'hui quelle que soit la décision du tribunal, cela ne servira pas à refermer complètement ce dossier." Il a plaidé la relaxe. Jimmy Acate a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et 3 000 francs d'amende. Cette décision laissera sans doute un goût amer de part et d'autre : une grosse insatisfaction, des doutes Et un mauvais exemple pour les autres ?

 

COMMENTAIRES : LA MONTAGNE ACCOUCHE D'UNE SOURIS

Au mois de novembre dernier, l'affaire avait fait grand bruit, et pour cause... Comment imaginer, en effet, dans cette belle Réunion de l'an 2 000, qu'un homme puisse ainsi torturer un animal pour son seul plaisir d'aller à la pêche, transformer en appât vivant un pauvre toutou pour appâter les requins ? Sur notre île pourtant, c'est possible. Depuis hier même, au regard du délibéré rendu par le tribunal correctionnel de Saint-Denis, on sait que cette pratique est presque tolérée à la Réunion. Reconnu coupable, le prévenu n'a été condamné à verser que 3 000 F d'amende, à peine plus que pour une coupe de palmistes, souvent moins que pour un vol de voiture. Alors à qui la faute ? A une enquête bâclée ? A une partie civile qui n'a pas su percuter ? A une justice qui a autre chose à faire qu'à s'occuper des chiens écrasés ? A croire surtout que tout le monde s'en fout... En tout cas, voilà un délibéré qui rassurera les quelques pêcheurs adeptes de cette technique. Après tout, la capture d'un seul gros requin peut rapporter plus de 3 000 F... Vu ce qu'on encourt à la Réunion, ça vaut vraiment pas le coup de s'en priver.

 

 

8) Les chiots servant d'appât aux requins

Article du Vendredi 24 Décembre 1999.

La Fondation Brigitte Bardot a décidé de porter plainte suite à l'histoire du chiot errant transpercé d'hameçons et destiné à la pêche aux requins à Saint-Paul (voir notre édition du 23 novembre).

"Nous entendons ainsi par notre action voir une information judiciaire ouverte afin que les responsabilités de cet acte de barbarie soient identifiées et jugées".

L'association a également attiré l'attention des pouvoirs publics sur "la nécessité de mise en uvre d'une politique de gestion des populations de chiens errants à la Réunion". La Fondation Brigitte Bardot demande ainsi que les décrets d'application pour les DOM sur les chiens errants et la protection des animaux "soient enfin rédigés et appliqués".

 

9) Prise d'un superbe requin balestrine de 223 kg quelques jours après l'attaque horrible à l'Etang Salé-les-Bains

Article du 15.04.99

LA CAPTURE D'UN REQUIN BALESTRINE DE 223KG LUI DONNE LA VICTOIRE. Viva Ei Pincho !!!

On savait que cette dernière manche du Big Game Fishing Réunion à St Pierre pouvait réserver des surprises "de taille"... De là, pourtant, à imaginer qu'un gamin haut comme trois pommes sorte un poisson de plus de 200 kg - probablement un requin balestrine et pas un bouledogue -, il y avait un océan... Un exploit qui permet à El Pincho de coiffer Diamant sur le poteau.

Depuis dimanche, la vie de Grégory n'est plus tout à fait la même... Son exploit du week-end le propulse (déjà) au rang de "jeune star" de la pêche sportive à la Réunion. A vrai dire, ce jeune garçon n'en est pas à son premier poisson, le skipper Olivier Heredia non plus. Une chose est sûre, le type même de pêche pratiquée par "El Pincho" (dérive) lui permet de piquer de sacrés requins, pour preuve une superbe raie de plus de trente kilos, pêchée il y a quelques semaines, au plus fort de l'été. Malheureusement pour "El Pincho" et malgré le fait que la raie fasse partie de la grande famille des requins (sélaciens), ce poisson ne fut pas pris en compte par les juges. Pas de doute donc, "El Pincho" n'a pas volé sa victoire, d'autant qu'un commissaire était à bord pour vérifier que le poisson soit pêché dans les règles de l'art dictées par l'organisation internationale IGFA. Entre le petit homme et la bête, le combat devait durer plus de quatre heures, sur fil 80 lbs. Le soir à la pesée, ce superbe requin balestrine (Carcharhinus amboinensis) - et non pas bouledogue comme d'autres ont pu le penser - pesait 223 kg pour 2,86 m de long. A l'attaque de cette dernière manche, le futur vainqueur ne comptait que 1 000 points, pas de quoi prétendre à la victoire. Heureusement, Grégory était là... Derrière "El Pincho", "Diamant" et "Maevatime" prennent la médaille d'argent et de bronze. Bonne récupération aux pêcheurs du BGFR et à la saison prochaine (début octobre).

 

10) Roland Fontaine a pêché tous les requins de son musée du squale

Roland Fontaine est restaurateur à Saint Philippe. Il est le patron de la Canot, ce restaurant spécialisé dans l'accommodement de la viande de requin, mais qui est aussi un véritable musée des dents de la mer, le seul de l'île, avec toutes sortes de requins taxidermisés, tous pêchés par lui. On y trouve la plupart des espèces de squales qui fréquentent les eaux de la Réunion, du requin tigre au requin marteau en passant par le pointe-blanche, le bouledogue, le gris de récif des bêtes dépassant parfois les trois mètres de longueur pour certaines.

A l'entrée de son restaurant, un poster d'un requin tigre de quatre mètres et de 400 kilos, un des plus gros qu'il n'ait jamais pêché, laisse pantois. Sachant que sous l'eau il apparaîtrait une fois et demi plus gros, imaginez la crise cardiaque ! Pire que dans les Dents de la mer! Il était adolescent qu'il pratiquait déjà la pêche sous-marine par vingt mètres de fond. Des requins, il en a toujours vu, a appris à ne pas en avoir peur et à adopter des comportements protecteurs. Mais comme il le dit, avec ces bêtes, on ne peut jamais être sûr à cent pour cent de ce qui va se passer lorsqu'on en rencontre. La première des choses à ne pas faire, c'est paniquer, car tout mouvement brutal peut exciter le requin.

Roland Fontaine a ensuite pêché le requin à la traîne, mais c'est surtout du bord de la côte qu'il a fait ses plus grosses prises, des tigres et des marteaux, les plus imposantes bêtes qu'on trouve du côté de Saint Philippe. Les requins ont des territoires, explique Roland Fontaine: "Ainsi, du côté de Saint Philippe, on ne rencontre pas de bouledogue qui, pourtant pullulent à Saint Joseph". De quoi vous glacer le sang, lorsque vous l'entendez vous raconter des histoires vécues comme celles-ci : "Un requin peut manger trois fois son poids en une heure" "Le pointe-blanche part en éclaireur et lorsqu'il attaque, c'est la meute qui arrive en décrivant des cercles" "un coup de queue de requin échoué à terre ou sur le pont d'un bateau vous casse la jambe ou vous rompt la colonne vertébrale". Mais il reconnaît avoir participé à des recherches de noyés et avoir vu des corps immergés depuis plusieurs jours intacts, parce qu'ils n'avaient pas de blessures".

 

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